Les mains servent à bien des choses : écrire, dessiner, jouer d’un instrument, attraper des objets… Pour les sourds, elles servent à communiquer.
Grâce à Perrier, on découvre une toute nouvelle utilité aux mains : La Main est personnifiée et elle est sexy !
Reprenant son spot publicitaire de 1976 signé Serge Gainsbourg, la marque l’a réinventé en déclinant la vie de la Main sous différents aspects : le casting de la Main, la Main fait de la Gym, la Main répond à des interviews etc.
Un vrai feu d’artifice visuel à la gloire de nos mains, sans lesquelles notre chère langue des signes serait peu de choses. Très beau travail de Perrier, il ne nous manque que les sous-titres !
Vous pouvez retrouver le minisite sur La Main Perrier et sur Youtube et quelques extraits ci-dessous.
People Projects est un nouveau concept créé par Orange qui permet, via internet, de faire partager son projet de façon innovante.
Vous pouvez d’ores et déjà retrouver TVisual, la chaîne tv pour les sourds, sur People Projects et sur Facebook, grâce à l’application dédiée.
Nous vous donnons rendez-vous très bientôt pour les premières « Tasks » (tâches) à accomplir pour nous aider à faire en sorte que la chaîne de tv soit une réussite !
Vous n’y croyez pas ? Regardez ce que donne Marylin Manson en langue des signes
Nous avons voulu en savoir plus sur l’auteur de cette vidéo, qui n’est d’ailleurs pas la seule du genre. Bjorn est un interprète ASL américain de 27 ans, qui partage ses journées entre l’interprétariat et la vie d’artiste. Il a eu l’amabilité de répondre à nos questions :
J’ai lu sur votre site que vous n’êtes ni sourd, ni CODA (child of deaf adult – enfant de parents sourds) Vous êtes simplement tombé amoureux de la langue des signes en rencontrant des sourds, c’est bien cela ?
Oui, c’est exactement ça ! Je n’ai jamais rencontré de sourds ou malentendants pendant mon enfance. Alors qu’aujourd’hui il est commun de voir des classes avec des étudiants sourds accompagnés de leurs interprètes, ça ne l’était pas à l’époque où j’allais à l’école. Je crois que je devais avoir à peu près 20 ans la première fois qu’on m’a présenté une personne sourde, qui est d’ailleurs devenue ma colocataire un peu plus tard. C’est par pure coïncidence que moins de 2 ans plus tard, on m’a offert un poste d’assistant administratif au sein du département ASL (american sign language) de l’Université locale. C’est en travaillant auprès de nombreux professeurs sourds que je suis rapidement tombé amoureux de la langue. J’ai donc quité mon job et suis retourné à l’école pour devenir interprète. Je n’ai plus jamais regardé en arrière depuis.
D’où vous est venue l’idée de faire de telles vidéos ?
Je me considérais comme un artiste bien avant d’endosser le titre d’interprète. Je me suis essayé à de nombreux arts, mon préféré étant le body art/la peinture sur le corps. Faire ces vidéos m’a permis de combiner quelques-unes de mes passions : l’ASL, l’art et la musique.
Quelles ont été les différentes étapes pour réaliser vos vidéos ?
Mon appartement est couvert de post-its, où j’écris les idées qui me viennent ou des façons d’utiliser la langue de façon artistique. Une fois que j’ai un concept clair, je fais le storyboard de chaque scène (beaucoup de dessins rapides de bonhommes en bâtons avec de drôles de mains). Une fois que tout est sur papier, je commence à rassembler tout ce qu’il me faudra pour le clip, des accessoires au maquillage en passant par les toiles de fond, la peinture etc. Je peux finalement commencer à tourner une fois que j’ai quelques jours de congés.
Qui vous a aidé pour le maquillage, le lieu de tournage etc ?
Heureusement, ça ne se voit pas dans les vidéos, mais tout a été tourné dans mon studio !
Dès que je suis prêt, je transfère tout du côté salon et transforme ma chambre en studio de tournage. Je me maquille moi-même, c’est l’un de mes moments préféré, et pour les costumes, la majorité sont des vêtement que je récupère pour pas cher après halloween, ou dans les boutiques à 1 dollar ou par ma mère (elle ne s’en remet toujours pas, son fils aime jouer avec du maquillage ! ha)
Généralement, je paye presque tout moi-même. Mais par exemple, pour le clip Pump It des Black Eyed Peas, je savais que j’aurais besoin d’un fond vert et de l’équipement qui va avec. Je n’avais pas assez d’argent pour ça et j’ai écrit au Network Interpreting Service (une agence nationale d’interprétariat) qui ont très rapidement accepté de contribuer au projet et m’ont prêté des équipements. Je suis très reconnaissant de leur aide.
Pensez-vous que ces vidéos peuvent être réalisées directement par des sourds ou faut-il que ce soit un entendant qui connaît la langue des signes ?
Bien SÛR que les sourds peuvent faire tout ce qu’ils ambitionnent, y compris traduire de la musique. Un très bon exemple de cela est l’organisation D-PAN (Deaf Performing Artists Network). Ils font des choses impressionnantes avec la musique et les vidéos. Tous ceux qui lisent cet article devraient aller voir leur site s’ils ne l’ont pas déjà fait.
Voulez-vous faire passer un message particulier en faisant ces vidéos ?
Mon idée de faire ces vidéos n’est pas venue du seul fait que j’aime faire ça en effet. Je pense, que dans mon pays où l’on clame l’ »Accès Égal pour Tous », que nous avons besoin de prendre du recul et penser à ce que cela signifie pour de vrai, puisqu’on n’est toujours pas à la hauteur.
Dans notre culture, nous idôlatrons Hollywood, les acteurs et les musiciens. Cependant, on supprime parfois des sous-titres pendant un film ou on ajoute les paroles dans le livret des CDs et appelons ça « accès égal ». Les sous-titres sont un bon début, mais faire défiler du texte en bas d’un téléviseur ne PEUT tout simplement PAS provoquer la même émotion sur une chanson d’amour ou faire se hérisser les poils de peur sur de la musique death metal. On peut faire mieux. Nous en avons les moyens et nous en avons sûrement le talent ! Il s’agit juste de réunir toutes les compétences et de passer à l’action.
Merci beaucoup Bjorn et bravo pour cette brillante initiative !
Voici le site de Bjorn où vous pourrez trouver toutes ses vidéos StormFx D’autres vidéos sont à venir
Attention, la vidéo que vous allez voir fait froid dans le dos.
Il s’agit d’un père sourd qui raconte, comment lui et sa femme, sourde également, on mal vécu la non-surdité de leur fils.
Tous deux sont les seuls sourds dans des familles d’entendants, où personne n’a jamais appris la langue des signes. Ils se sentent exclus au sein de leurs familles et ne voulaient pas que leur fils les exclue aussi.
La mère n’a cessé de pleurer lorsqu’elle a appris que leur fils entendait. 4 ans plus tard, les parents sont toujours aussi mal à l’aise avec la non-surdité de leur fils et décident de le faire opérer. Ils trouvent une clinique au Brésil qui accepte d’effectuer ce type d’opération. Le couple réunit l’argent et se rend au Brésil avec leur fils.
Nous vous laissons regarder la vidéo et surtout, restez jusqu’à la fin ! Nous attendons vos commentaires.
C’est peut-être par politesse, ou pour ne pas déranger. A la question «Avez-vous compris », les sourds ont pris l’habitude depuis leur enfance de dire «Oui». Certes… Mais comment font-ils quand lors d’une consultation avec un médecin, ils ne comprennent pas et n’osent pas le dire ? Les sourds, comme tout le monde, peuvent être malades, vont voir des médecins, sont hospitalisés.
Jean Dragon est médecin. Depuis des années il se démène pour que l’on ne fasse pas comme si de rien n’était. Il a été l’initiateur de la consultation expérimentale en langue de signes à l’hôpital la Pitié à Paris, et le voilà maintenant médecin pour les soins aux sourds au CHU de Marseille. Dans un très beau livre (1), il raconte combien, lors d’une relation médicale de soins avec des personnes sourdes, les malentendus peuvent s’accumuler. Ecrire, alors ? Ce n’est pas si simple. «Les sourds ont un rapport difficile avec l’écrit. Ils peuvent apprendre de nouveaux mots, mais le sens d’un texte peut leur échapper.» Exemple que raconte le Dr Dragon : «L’un reçoit une ordonnance où il est écrit : « Trois comprimés à répartir dans la journée au moment des repas. » Il a dû être hospitalisé en urgence, parce qu’il avait avalé trois comprimés d’anti-inflammatoires à chaque repas…»
Des histoires, Jean Dragon en a plein. Ainsi celle de Monsieur G., sourd. Il a un diabète mal contrôlé depuis des années. Avec de graves complications, surtout aux pieds. «Quand il vient me voir, Monsieur G me raconte qu’il s’était rendu la veille aux urgences et avait été renvoyé chez lui à 3 heures du matin avec un courrier et un numéro de téléphone pour prendre rendez-vous. Je téléphone au médecin de garde qui me fait la réponse habituelle : « Il n’y pas eu de problèmes, la communication était possible, je lui ai expliqué qu’il fallait équilibrer son diabète. ».» En fait, depuis des mois, M. G est en échec thérapeutique, en partie, «parce que les soignants sont en échec de communication, sans en avoir conscience».
Ou encore cette histoire d’un sourd, amené aux urgences pour une appendicite. Il témoigne : «D’ordinaire, c’est mon oncle qui m’aide avec les médecins. Aux urgences, on a attendu, j’étais sur un brancard, puis on m’a séparé de mon oncle. On a roulé le brancard dans une pièce remplie de machines médicales, j’ai cru que c’était le bloc opératoire, je voulais les avertir avant l’opération que je suis allergique, ils ne comprenaient pas, quelqu’un est entré, la porte est restée ouverte. J’ai aperçu mon oncle et je me suis mis à signer. Mais j’ai senti quelqu’un m’attraper par-derrière, ils me prenaient pour un fou… Une infirmière a dit à mon oncle qu’elle était désolée.»
(1) «Les silencieux, chroniques de vingt ans de médecine avec les sourds» par Jean Dragon, ed. Presse Pluriel
Séminaire NKM Numérique : investir aujourd’hui pour la croissance de demain [PART I]
En nous rendant au séminaire « Numérique : investir aujourd’hui pour la croissance de demain » organisé par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’état chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique, nous ne pensions pas nous confronter aussi directement à cette problématique qui nous tient tant à cœur : l’accessibilité. Et pourtant…
Tout en restant un exercice de communication bien rodé destiné à convaincre de la priorité à donner au numérique dans le grand emprunt, les plaidoyers des différentes tables rondes ainsi que les brillantes interventions des présidents de la commission, impressionnants par leur expérience politique, nous ont permis d’approfondir les problématiques propres au développement de notre WebTV en langue des signes.
Accessibilité : « ne laisser personne au bord de la route » au nom de « cette passion française : l’égalité »
Ces formules chères au sénateur Retailleau symbolisent un thème récurrent tout au long des débats : la fracture numérique. N’oublions pas que si celle-ci porte pour Michel Mercier, Ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, avant tout sur les infrastructures elle est tout autant sociale et culturelle, comme rappelé par Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication.
Le numérique n’est pas qu’un sujet économique qui nous permettrait « d’aller chercher le point de croissance en plus…. » mais aussi un sujet « poétique, politique » et social, d’après le beau lapsus du ministre de la culture. Ces propos ne peuvent que faire écho à notre mobilisation. Certains citoyens n’ont, en effet, pas encore pleinement accès à ce média qui pourtant leur semblait être destiné : les sourds. (following next on T1sch.com… )
60% des sourds parlant la langue des signes comme langue première ont des difficultés avec le français (cf. nos précédents post…) et ne sont pas à l’aise avec des textes écrits dans une langue qui leur est étrangère, le français.
Alors qu’ils se sont déjà appropriés cet outil pour des usages innovants (chat vidéo…also following next), ils n’ont pas accès aux clés de compréhension des contenus écrits ou vidéos, même sous-titrées. Ils ont donc d’autant plus de difficultés à en comprendre le sens. Au lieu d’être une formidable fenêtre d’ouverture sur le monde, le web les renvoie donc à leur réalité décalée, leur solitude, détachée de l’environnement qui les entoure. D’où un sentiment d’exclusion et une frustration forte…comme encore à la télévision !
Gardons donc à l’esprit que le web, comme l’audiovisuel, n’est pas « naturellement » accessible au sourds. Cet outil, représentant originairement une extraordinaire avancée technologique, risque donc de ghettoïser encore un peu plus au lieu de concrétiser l’ouverture. Paradoxal ! Car on pourrait aussi y construire les outils qui permettraient de soutenir la formation, l’insertion et de ne pas laisser les plus défavorisés devenir « Computer Illiterate », selon la formule de Hervé Yahi, PDG de Mandriva. Il faut donc développer et promouvoir de nouveaux outils pour donner pleinement accès aux sourds à l’économie numérique.
Claudie Haigneré l’a très justement exprimé : « la fracture est aussi dans la capacité à s’approprier le contenu ». Ce n’est pas simplement une question d’ingénierie ou d’infrastructure, c’est aussi un problème de contenu et de services.
Ce soir aura lieu la première soirée T1SCH / TVisual.
Elle a pour objectif de réunir tous ceux qui, depuis un an déjà participent au projet, projet qui sera bientôt une réalité. Cette soirée sera l’occasion de visionner ensemble le pilote de notre émission-phare ainsi que le site internet qui sera visible au grand public dans quelques semaines.
Nous mettrons des photos en ligne au plus vite. Vous pourrez ainsi voir en avant-première quelques-uns des visages qui feront les beaux jours de la chaîne.
Le sourd-muet, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
L’aveugle unijambiste par l’odeur alléché
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur tout là-haut,
Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre langage
Se rapporte à votre grimage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
A ces mots, le sourd-muet ne se sent pas de joie
Et commence à manger sa ricotta
L’aveugle unijambiste ébahi en perd sa voix
Et devient par ce fait le premier
Aveugle unijambiste muet de l’histoire !
Ah que la vie est difficile lorsque l’on souffre d’une infirmité. On n’est jamais à l’abri de les accumuler : sourd-muet, aveugle-unijambiste, sourd-muet-aveugle-unijambiste- incontinent.
Il est surtout difficile d’être pris pour un poly-handicapé alors que l’on ne souffre que d’un handicap – ce qui est déjà bien assez.
Dans le cas des sourds, on leur attribue le plus souvent la double infirmité de surdité et de mutité. Or, un sourd n’est jamais – sauf cas exceptionnel – muet.
La plupart des sourds émettent des sons lorsqu’ils conversent. Certes, on les comprend parfois mal, mais ceci est dû au fait qu’ils n’entendent pas les sons qu’ils produisent et ont par conséquent des difficultés à oraliser. Leurs cordes vocales se portent en revanche merveilleusement bien.
Au final, le vrai handicap des sourds n’est pas de ne pas entendre, mais d’être dans l’impossibilité de communiquer avec les entendants. Ce débat, qui est au centre de nos préoccupations, fera l’objet de nombreux billets.
Moralité :
Un handicap n’en cache pas un autre, mais ce n’est pas toujours celui que l’on imagine.
En France, on compte 5 millions de personnes sourdes et malentendantes, 5 millions de personnes qui ne peuvent pas comprendre intégralement ce qu’elles voient à la télévision sans le support de sous-titres et/ou d’une traduction en langue des signes.
La langue des signes étant la langue première de 300 000 sourds, le français étant pour ces derniers une langue étrangère dont ils ne comprennent pas forcément toutes les subtilités de langage, les sous-titres ne sont pas adaptés pour une compréhension pleine et entière.
Il nous est alors apparu comme une évidence qu’il leur fallait une chaîne dans leur langue. La langue des signes française (LSF) a d’ailleurs été reconnue comme étant une langue officielle de la France en 2005. On peut désormais passer l’épreuve Langue des Signes au Bac, également avoir une traduction instantanée LSF/Français et inversement via les centres relais, alors pourquoi pas une chaîne tv en langue des signes ?!
Nous nous permettons même d’aller plus loin : Une chaîne en langue des signes est un média indispensable à notre société.
Non seulement cette chaîne permettra de véhiculer la culture, les valeurs et l’humour des sourds, qui trouvent leur origine dans la langue des signes et dans un ensemble de pratiques, mais elle permettra aussi a fortiori une meilleure compréhension du « Monde des Sourds » de la part des entendants et donc une meilleure communication et intégration.
La langue des signes est une langue iconique, gestuelle, qui donne à voir et qui permet de percevoir le monde autrement. Des programmes innovants et très visuels seront au menu de TVisual. Pourquoi les sourds seraient-ils les seuls à en profiter ?
Alors préparez-vous à l’arrivée de cette chaîne révolutionnaire et indispensable, vous n’en croirez pas vos yeux !!!